Le rôle de l'assurance face à l'évolution des métiers du BTP et à l'innovation

Notre rôle en tant qu’assureur étant d’accompagner les professionnels du BTP dans les évolutions de leur métier, nous sommes confrontés en permanence à assurer de nouveaux risques.

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Retrouvez ci-dessous nos échanges avec Corinne Alzas, ingénieure BTP à l'Auxiliaire, autour de l'innovation dans le BTP et de ses impacts dans l'assurance.

Le monde du BTP évolue en permanence et de nouveaux risques apparaissent. Comment l’Auxiliaire s’adapte-t-elle à ces nouveaux défis ?

C’est vrai, le BTP évolue en permanence. Sous l’impulsion des pouvoirs publics, à travers notamment les différentes lois de transition énergétique et environnementale, mais aussi dans le cadre des évolutions technologiques et sociétales, nous voyons apparaître régulièrement de nouveaux métiers et de nouvelles missions, associés à de nouvelles techniques constructives et procédés innovants.

Notre rôle en tant qu’assureur étant d’accompagner les professionnels du BTP dans les évolutions de leur métier, nous sommes confrontés en permanence à assurer de nouveaux risques. C’est pourquoi nous adaptons régulièrement nos contrats d’assurance et notre offre assurantielle à ces évolutions.

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  • Vous pouvez nous donner des exemples ?

Dans le cadre de notre contrat Global Ingénierie par exemple, nous assurons la mission de BIM Manager liée au développement du BIM (Building Information Modeling) et avons aussi intégré la mission relative à la délivrance de l’attestation d’effet équivalent portée par la loi ESSOC*, qui permet au maître d’ouvrage de déroger à certaines règles de construction sous réserve qu’il apporte la preuve par les moyens mis en œuvre de résultats équivalents et du caractère innovant de ces moyens. Enfin, nous avons développé des contrats avec des partenaires pour garantir l’utilisation de drones dans le cadre des chantiers, ainsi qu’une offre garantissant les dommages liés à la cybercriminalité, risque de plus en plus pris en compte par les chefs d’entreprise.

  • Quelle est la position de l’assureur face à l’innovation ?

Quand on parle d’innovation, se pose souvent la question de son assurabilité. L’innovation est bien sûr assurable, mais sous certaines conditions.

Dans les prochaines décennies, de nouveaux procédés et techniques constructives devraient encore apparaître.

La technique de l’impression 3D en béton qui émerge, devrait se développer. La part du réemploi et du recyclage de matériaux dans les constructions neuves sera plus importante. La recherche et développement, par exemple, se penche sur la réalisation de « bio-façades » de bâtiments intégrant la culture de micro-algues qui permettent de réguler thermiquement les bâtiments et de capter le CO2 des villes.

Mais toute innovation est considérée par l’assureur comme une Technique Non Courante (TNC) dès lors qu’elle ne répond pas à sa définition de la Technique Courante, c’est le cas par exemple à l’Auxiliaire des procédés et techniques qui ne répondent à aucune norme, DTU**, règles professionnelles ou recommandations RAGE, et qui ne bénéficient d’aucun Avis Technique, DTA*** ou Atex**** favorable.

Dans ces conditions, l’innovation fait l’objet d’une étude spécifique de la part de l’assureur.

  • Quels sont les éléments nécessaires à cette étude ?

De façon générale, les procédés ou matériaux innovants doivent pouvoir justifier auprès de l’assureur de leurs propriétés, de leurs performances et de leur durabilité dans le cadre d’une mise en œuvre bien précise.

Cela peut passer par les procédures d’Atex (Appréciation Technique d’Expérimentation), d’ETN (Enquête de Technique Nouvelle), d’Avis de chantier, d’Atec (Avis technique), ou de toute autre démarche considérée comme recevable par l’assureur, à travers par exemple des essais réalisés par des organismes reconnus compétents dans leur domaine comme le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment), le CERIB (Centre d’Etudes et de Recherches de l’Industrie du Béton), le FCBA (institut technologique Forêt, Cellulose, Bois-construction, Ameublement)

  • Quels sont les impacts et enjeux de ces évolutions pour les entreprises du BTP et leur assureur ?

Les professionnels du BTP doivent s’adapter aux évolutions de leurs métiers pour construire « mieux » tout en limitant leur sinistralité.

Les enjeux principaux sont ceux de la formation, de la qualification et des certifications aux nouveaux métiers, aux nouvelles techniques constructives et aux nouveaux procédés qui vont émerger ; cela s’applique également aux nouveaux outils et nouvelles technologies qui seront mis à la disposition des salariés : exosquelettes, tablettes, outils 3D….Si ces techniques sont maîtrisées, elles devraient permettre une meilleure prévention des risques.

Ainsi, la technologie BIM par exemple devrait permettre d’améliorer la maintenance et l’entretien des bâtiments et réduire ainsi les sinistres qui ont un impact direct sur les primes et les franchises.

* Loi ESSOC : article 49 I 1° de la loi n° 2018-727 du 10 août 2018 pour un Etat au service d’une société de confiance
**DTU : Documents Techniques Unifiés
***DTA : Document Technique d’Application
****ATEX : Appréciation Technique d’Expérimentation

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