Plus d'un salarié du BTP sur quatre (25,4 %) a aujourd'hui 50 ans ou plus, contre 24,9 % qui ont 29 ans ou moins. Sur environ 1,5 million de salariés du secteur, cela représente près de 380 000 personnes qui approcheront de la retraite dans les 10 à 15 prochaines années*.
Le phénomène est amplifié par les départs anticipés liés aux carrières longues et à la pénibilité reconnue dans le secteur. Par ailleurs, les conventions collectives du BTP prévoient des indemnités de fin de carrière parmi les plus généreuses, ce qui rend chaque départ structurellement plus coûteux qu'ailleurs.
Une situation compliquée pour les entreprises
M. Maçonnerie, 19 salariés en Isère, illustre bien le problème. Trois de ses compagnons approchent simultanément de la retraite :
- Jean-Pierre, 62 ans, 26 ans d'ancienneté, 2 300 €/mois, ETAM
- Daniel, 61 ans, 22 ans d'ancienneté, 3 500 €/mois, cadre
- René, 63 ans, 24 ans d'ancienneté, 2 300 €/mois, ETAM
Concernant le nombre de mois de salaire dus au titre des indemnités de fin de carrière le montant sera différent selon leur statut dans l’entreprise : 2,8 mois pour un Etam et 5,1 mois pour un cadre.
Cumulées, leurs indemnités conventionnelles de départ à la retraite (charges patronales incluses) représentent plus de 30 000 €, à verser sur une période de 18 à 24 mois. Pour une entreprise de cette taille, c'est l'équivalent de 2 à 3 mois de marge brute qui s'évapore : gel des recrutements, report des investissements matériels, tension sur le besoin en fonds de roulement.